La philosophie enrichit les vrais patrons

Petit conte philosophique —

Elle éclatait de rire en reculant dans son fauteuil, ce rire espiègle, comme une enfant qui exprime son bonheur. Ses yeux bleus turquoises ressemblaient parfois à une mer tranquille pleine de beauté et à d’autres instants ils donnaient l’impression d’être des lames de scalpels redoutables.
À 70 ans, elle avait le mental d’une enfant toujours en train de s’émerveiller et la puissance fulgurante d’un chef de guerre, cette guerre pour la paix et l’humanité qu’elle menait avec une passion toujours intacte depuis plus de 40 ans.

Elle avait élevé 5 enfants formidables, dont 2 adoptés, tout cela en menant ses études, et réalisant ses recherches, en créant des solutions, en donnant des cours et des conférences, en étant engagé dans l’humanitaire. Toujours présente, très présente, le coeur dans la main et la tête, sacrée tête, sur des épaules remarquablement solides, elle fait partie de ses personnages dotés d’une constitution physique et intellectuelle inoxydable.

Son rire était communicatif, les geeks diraient qu’elle a un rire viral.

À cet instant notre assistante poussa la porte avec un grand sourire et me dit avec connivence : “Quand Isabelle rit ainsi c’est qu’elle vient de faire une découverte, ou qu’elle a mis en lumière une évidence”.

Je me tournais vers Isabelle, le regard interrogateur, les oreilles dressées et l’oeil inquisiteur, la bouche ouverte prête à sortir un son quand Isabelle me dit : Viens”, puis s’adressant à notre assistante : “Venez Catherine on va prendre un café, et je vais vous raconter.”

Nous nous assîmes à la table de sa salle à manger, et Isabelle toute excitée comme une enfant ouvrant son cadeau de noël nous demanda : “ Quelle est pour vous la définition de la philosophie ?”

Catherine commença par expliquer que selon elle, la philosophie est une façon de voir, d’écouter, d’interpréter, de comprendre, d’analyser, d’envisager, de proposer les choses de la vie. Une façon de confronter des idées, de les faire avancer, d’avoir de nouvelles idées.

“C’est une très bonne explication” lui lança Isabelle, avec la fierté du maître qui regarde son élève avec admiration. Cette admiration de trouver en Catherine la personne dans laquelle elle croit et qui même sans diplôme pourra sans aucun doute un jour lui succéder, reprendre tout ou partie de ses travaux, continuer ses conférences.

Isabelle était ainsi, certaine que le talent existe à l’état brut, certaine que l’être humain a des capacités qu’il ignore lui-même, certaine que la main tendue, le coeur ouvert vers l’autre sont des clés de révélation pour l’autre. L’autre, celui dont on distingue l’étincelle qu’il méconnait lui-même. Ce brillant endormi, non révélé, caché, enfoui comme un diamant brut que cet autre va polir lui-même comme un diamantaire amoureux de son art. Cet autre qui grâce à l’amour qu’on lui donne, grâce au regard de compassion et de passion qu’on lui porte, pourra structurer les milles facettes de ses talents, faire resplendir jusqu’à son insu les dix milles fabuleux éclats que chaque bout de lumière lui offrira.

Isabelle avait cette magnifique formule pour expliquer notre rôle dans l’humanité : “Nous sommes l’étincelle de l’autre, nous devons faire en sorte que sa lumière brille en permanence, sans le moindre doute, nous devons être fiers de ce que nous sommes pour éclairer la route des autres et qu’à leur tour ils puissent briller, briller, et éclairer la route des autres, pour qu’à leur tour, les autres des autres puissent briller. C’est sans fin, c’est la vie”.

Et alors toi Didier, c’est quoi ta définition de la philosophie ?

Hé bien dis-je : C’est l’action de brasser des connaissances multiples autour d’une idée, d’une ambition, en confrontant les idées, en élaborant des schémas de pensée et d’actions, c’est l’effort d’oser penser autrement, d’imaginer, de créer, de se tromper, de se remettre en cause, avec l’autre ou les autres. C’est accepter les différences. Poser des questions, oser des réponses, en comprendre le sens… Je dirai, faire marcher ses méninges pour élever le débat, anticiper. C’est simple et complexe, indispensable à l’évolution de toute société… une façon de produire une énergie émotionnelle….

OK ! Je t’arrête là me dit-elle non sans un certain humour, sinon dans une heure nous y sommes encore.

Voyez-vous nous dit Isabelle, vos définitions sont bonnes et je vais ajouter les miennes :

La philosophie est cette réflexion critique sur les problèmes, les situations, le sens de l’action et de la connaissance humaine.
Cela permet de prendre conscience de la réalité. Pas de la vérité !
La vérité est l’histoire que l’on peut se raconter et qui est parfois loin de la réalité.

La philosophie éclaire, tente d’expliquer un événement, une activité, un fait de société, un comportement qui touche le monde, les hommes, la finance, la production industrielle, le commerce, la pratique des affaires, la relation, l’amour et bien d’autres choses.

La philosophie utilise le raisonnement, l’émotion, la méditation de la vie, et aussi le concret, la matière, elle donne une dimension d’âme aux êtres qui s’y confrontent.

Selon Aristote, la philosophie est une science, la science des principes et des causes.

La philosophie est avant toute chose une démarche mentale et physique qui analyse, compare, évalue, mesure, déchiffre tente de résoudre. Elle permet d’aboutir à la créativité, l’idéation, la mise en action, l’implication, la motivation, la passion, la production d’énergie émotionnelle positive.

Isabelle continua avec cet exemple :

Pour Paul Gauguin, célèbre peintre qui avait peint son fameux tableau « D’où venons-nous ? Qui sommes-nous ? Où allons-nous ? » il expliquait la philosophie de la façon suivante :

La philosophie doit être acceptée comme un travail critique positif. Son essence est de produire de nouvelles certitudes et de repenser les évidences devenues fausses ou obsolètes, d’écarter les illusions incompatibles, d’interroger ses contemporains afin de leur montrer leurs contradictions et parfois leur incapacité à justifier ce qu’ils prétendent évident.

Et bien voyez-vous repris Isabelle, les entreprises sont ou pourraient être des foyers de philosophie, car les entreprises qui philosophent le plus sont les plus performantes.

Vous ne me croyez pas ?

  • Que fait un responsable marketing lorsqu’il réfléchit avec son équipe à la création d’un nouveau produit ou au positionnement d’un autre ?
  • Que fait un comité de direction lorsqu’il débat sur les orientations stratégiques des 2 à 5 prochaines années ?
  • Que fait un chef de projet lorsqu’il recherche avec ses collaborateurs la meilleure solution ?
  • Que font certains financiers lorsqu’ils analysent les marchés et les profils psychologiques des dirigeants avant d’investir ?

Ces gens là font de la philosophie !

Et les neurosciences nous démontrent que cette discipline crée des connexions cérébrales, elle augmente les capacités créatives, développe l’estime de soi, permet d’acquérir des compétences d’analyse systémique. Elle est le noyau de magnifiques richesses humaines et matérielles.

Catherine se tourna vers Isabelle et avec un merveilleux sourire lui dit :

Donc plus je philosophe, plus j’enrichis ma culture et plus j’enrichis ma culture et plus j’ai d’information pour philosopher, et plus je philosophe, et plus j’ai de possibilités pour créer, entreprendre, développer, oser, comprendre…

Alors je n’ai pu résister et en lui coupant la parole : Un vrai cercle vertueux pour des richesses durables… La philosophie est une des clés essentielles pour développer l’ambition altruiste qui est à l’origine des plus grandes réussites et elle est également un fabuleux outil de management pour gérer le changement et mettre les organisations en symbiose.

Isabelle leva sa tasse de café et d’une voix chantante déclama :

Aux patrons et aux managers philosophes, la créativité et le changement viendront d’eux, ils possèdent l’alchimie de la richesse !

À suivre !

 

DIDIER REINACH 
Président – Fondateur de la Symbiocratie®
Créateur de valeurs
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Rejoindre la discussion 2 Commentaires

  • Isabelle Fornier dit :

    « La vérité est l’histoire qu’on se peut se raconter et qui est parfois loin de la réalité. » – que l’on peut se raconter ?

    « Et les neurosciences nous démontrent que cette discipline créée des connexions cérébrales » – crée parce que verbe et non pas participe ?

    Donc plus je philosophe, plus j’enrichis ma culture et plus j’enrichis ma culture et plus j’ai d’information pour philosopher, et donc plus je philosophe, et donc plus j’ai de possibilités pour créer, entreprendre, développer, oser, comprendre… – beaucoup de « donc » et de « et » qui m’ont fait relire la phrase.

    Mes corrections…parce que vous le suggérez !

    Cordialement,

    Isabelle

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