Symbiocratie® – Le Manifeste

Manifeste

Crise, chaos et évolutions

Les crises économiques, politiques et culturelles que la grande majorité des sociétés occidentales traversent de plus en plus fréquemment, et de plus en plus violemment, ne sont pas la cause de nos problèmes économiques, politiques et culturels. Elles en sont à la fois les conséquences.

Elles sont l’expression d’un problème mental et structurel qui mine notre civilisation moderne: une carence de leadership due à un déficit profond de culture, de valeurs et de richesses humaines.

Les entreprises, micro sociétés par excellence, sont aux premières loges de cette crise et nous instruisent sur les problématiques actuelles et à venir, tout comme sur la manière de les régler.

Ce texte est une invitation que nous lançons d’abord aux entreprises, mais également aux gouvernements et aux individus, afin d’entamer une évolution que nous croyons simple, pertinente, nécessaire et nous l’espérons, créatrice de richesses collectives et individuelles.

Sans prétention idéologique de droite ou de gauche, nous souhaitons simplement, et puissamment, proposer une vision et une démarche organisationnelle cohérente, bénéfique et humaine.

Ce texte est un manifeste.

 

Une société déficitaire.

Nous faisons face à de nombreux déficits historiques, voire inédits, créateurs de problèmes présents et à venir d’une complexité elle aussi historique et inédite.

Un premier déficit, le transfert générationnel de nos sociétés occidentales est un fossé qui se creuse chaque jour davantage sur le plan économique, politique et culturel.

Le legs financier actuel que nous laisserons aux futures générations est l’équivalent d’une dette mondiale représentant l’ensemble du produit annuel de l’activité économique planétaire.

Nous léguerons également à nos enfants des institutions politiques et corporatives vétustes et inadaptées aux défis auxquels ils devront faire face.

Parallèlement un nouveau monde digital s’est créé, agile, vaste et dynamique.

En quelques années à peine, cet univers sans contrôle a rassemblé, des citoyens, travailleurs et consommateurs du monde entier autour de valeurs et d’ambitions communes.

Pendant ce temps, de nombreuses institutions, privées comme publics, s’évertuent, par habitude ou par déni, par cécité ou par incompréhension à perpétuer un schéma de valeurs et de fonctionnement désormais dépassés.

 

Un second déficit, peut-être plus grave encore, celui de la confiance et du respect.

Nous avons atteint des sommets de cynismes inégalés.
Est-ce uniquement la faute des politiciens, banquiers et autres boucs émissaires de circonstance ?

Si ce cynisme n’était que le résultat de comportements individuels, les personnes supposées responsables de nos crises à répétition seraient l’exception, pas la norme.

Ce cynisme envers les dirigeants comme envers les employés se retrouve au sein de nombreuses entreprises.

Si les départs, l’absentéisme ou un présentéisme passif des employés sont en hausse partout en occident, ce n’est certainement pas parce que nos forces de travail sont soudainement plus fainéantes ou atteintes d’une maladie contagieuse.

Quel individu peut être fidèle, passionné, impliqué dans une atmosphère de cynisme, dans un monde sans confiance et sans respect ?

Quel dirigeant peut être engagé, mobilisé, créatif, innovateur et développer un leadership ambitieux, porteur de succès pour le plus grand nombre, alors que chaque matin le souffle du couperet du résultat immédiat siffle dans ses oreilles ?

Pourquoi un gouvernement oserait-il régler une crise politique, financière, structurelle ou culturelle qui demande des efforts, de la ténacité, de l’opiniâtreté, alors que le peuple refuse les efforts, croit à la pensée magique et le sanctionnera aux prochaines élections ?

Ce déficit de confiance et de respect entre les individus, eux-mêmes, et leurs institutions, est le fruit d’une absence de culture, de pédagogie, de vrai leadership.

Ce déficit de confiance et de respect provoqué par un égocentrisme institutionnel et humain est le résultat d’un monde fondé sur le calcul, la procédure, les mesures mathématiques, l’exploitation outrancière d’outils visant à supprimer l’intelligence humaine, à réduire la responsabilisation, en gérant leurs propres intérêts au détriment du bien commun.

Cependant, la plupart des composants essentiels à une société dynamique, innovante et productive ne se mesurent pas, ou presque. Le bonheur, l’innovation, la créativité ou l’implication sont par exemple les garants d’une puissance de travail mobilisée, proactive et entreprenante.

Si plusieurs entreprises, dans le domaine des nouvelles technologies notamment, capitalisent sans compter sur le bonheur de leurs employés, force est de constater que la majorité s’en préoccupe uniquement sur la base d’objectifs comptables.

En tant qu’individus, est-ce que nous faisons mieux ?

 

Un troisième déficit est celui du déficit de conscience collective.

Les conséquences économiques en sont majeures.

Les dommages que nous infligeons à l’environnement, dans le seul souci des gains maximum à court terme, auront des répercussions catastrophiques sur le prix de nombreuses matières premières polluées par nos soins et par répercussion sur les coûts de santé qui exploseront.

Notre déficit de confiance et de respect envers l’autre est-il si grand, notre cynisme si profond que nous en sommes arrivés à ne plus nous soucier de l’avenir, le nôtre, celui de nos enfants et celui des autres ?

En quête d’un certain contrôle sur celui-ci, de nombreuses organisations pratiquent aujourd’hui l’obsolescence programmée pendant que les individus s’endettent, tambours battants, ignorant le fardeau fiscal qu’ils accumulent pour plus tard.

Les exemples sont innombrables.
Dans une quasi totale inconscience, nous cultivons aujourd’hui nos problèmes de demain.

Du fait de cet individualisme social, économique, culturel, nous avons atomisé notre société qui ressemble aujourd’hui à un amas d’individus, disparates, sans trame commune à leur existence.

S’il y a 50 ans, nous étions capables, collectivement, de nous solidariser face à d’ambitieux projets, innovants et positifs pour notre avenir, la moindre solidarité dont nous soyons encore aujourd’hui capables, dans nos entreprises comme dans nos pays, s’exerce presque uniquement face à des menaces extérieures: pertes de marchés, concurrence internationale, terrorisme, multiculturalisme…

Nous croyons avoir toujours plus d’ennemis. Cette forme paranoïde de fonctionnement permet à certains de croire que cela soude un peuple alors que cela dissout l’esprit humain et toutes ses richesses.

Quelle est la dernière fois qu’une réunion interne, dans votre entreprise, avait pour objet la mise en oeuvre d’un projet porteur, positif, et surtout, non soumise à un facteur ou à un événement externe ?

Quelle est la dernière fois que notre système politique a été capable de mettre en place un projet rassembleur, positif et créateur de richesses durables et collectives ?

Quelle est la dernière fois que vous avez appris quelque chose d’inutile, pour le simple plaisir d’apprendre ?

 

Un quatrième déficit est celui d’escamoter les déficits.

Comment réussirons-nous alors, à faire face aux nombreux défis à venir ?

Que ce soit au niveau des mutations culturelles profondes qui sont en train de prendre place au sein des entreprises et de nos pays, ou plus généralement, de la polarisation politique et culturelle que nous vivons entre les générations.

Que ce soit au niveau des ressources naturelles qui diminuent drastiquement chaque jour.
Que ce soit au niveau d’un taux croissant, et préoccupant, d’individus souffrant de troubles de l’humeur voir de troubles mentaux.

Comment les entreprises, aux premières lignes de ces problématiques, et par extension, les citoyens et gouvernements de nos sociétés pourront-ils traverser ces montagnes de défis ?

N’est-il pas désormais du devoir de chacun, actionnaires, dirigeants, politiques, employés et étudiants, de régler les causes de ces défis. ?

N’est-il pas désormais du devoir de tous de se responsabiliser ?

C’est ce que nous vous proposons de faire.

Hippocrate, le père fondateur de notre médecine moderne, fut l’un des premiers médecins à s’intéresser aux causes des maladies. Alors qu’il vivait à une époque où l’on traitait les symptômes des maladies, il s’intéressa à leurs causes, et idéalement, à “la” cause originelle d’une maladie.

Aujourd’hui, lorsque nos gouvernements investissent dans des plans de stimulation de l’économie, ils ne traitent que les symptômes d’un problème économique endémique.

Lorsqu’une entreprise investit dans des plans de rétention du personnel, elle ne traite que les symptômes d’un problème de rétention profond.

Lorsqu’un individu investit dans des suppléments nutritionnels, il ne traite que les symptômes d’une carence alimentaire plus grave. Face à ces problèmes, notre société s’est spécialisée dans les soins palliatifs.

Serions-nous incapables d’oser remettre en question un système économique, des modèles d’affaires et des comportements vieux d’au moins 250 ans, date de l’invention du libéralisme économique ?

 

Un cinquième déficit, le déficit originel et fondamental de nos sociétés.

À la base de ces nombreux problèmes, nous croyons que se trouve un déficit qui peut prétendre à être à l’origine de tous les autres : le déficit de valeurs.

Si les valeurs sont souvent bien inscrites dans les intitulés de missions corporatives et dans nos chartes et lois, sont-elles pratiquées ?

Force est de constater que bien souvent, à la première opportunité, les valeurs disparaissent rapidement derrière nos recherches de gains faciles, et à court terme.

Le cadre de valeurs de la grande majorité des entreprises et des gouvernements est devenu un élastique à étirement variable.

Nos chartes morales et cadres éthiques sont régulièrement transgressés au profit d’événements isolés et de minorités. Et face à cette plasticité de valeurs, le cynisme n’a de choix que de s’installer durablement dans nos organisations et nos communautés.

Les valeurs sont des normes de conduite, de pensée qui, une fois véhiculées et adoptées, structurent l’ensemble d’un dialogue et des comportements d’une société, d’une organisation.

Les valeurs sont le cadre fondamental à toute prise de décision de création de valeurs.

Acquises par l’exemple, la réflexion et l’action, elles deviennent des guides cognitifs, des instincts moraux, éthiques et politiques. Elles sont la source de la créativité, de l’innovation, de l’expression des ambitions collectives et des richesses individuelles.

C’est en refusant volontairement de mettre l’accent sur des valeurs fortes, cohérentes que de nombreuses organisations et la plupart des gouvernements se sont dépourvus de toute capacité d’actions proactives, innovantes, enrichissantes.

En réaction perpétuelle face aux événements, donnant de l’attention à des détails démagogiques, nos nations et les organisations qui les composent s’épuisent dans l’incohérence, l’irrespect et la défiance.

Ce sont des milliards qui partent en fumée, en douleurs humaines et en dépression sociale, au lieu de se multiplier presque à l’infini.

Cette tragédie des valeurs communes est, nous le croyons sincèrement, le fondement de cette crise économique, sociale et politique que le monde traverse en ce moment. Ces crises à répétitions ne sont que les symptômes d’un manque de symbiose entre les organisations et leurs valeurs, entre la société et l’individu, entre l’individu et son environnement.

 

Pour un leadership Symbiocratique®®, fondateur de richesses humaines et matérielles durables.

La solution du problème repose sur ces valeurs, sur leurs puissances structurantes, sur le changement des comportements et de la pensée. La solution réside dans la capacité à produire, à créer, à faire vivre ensemble des valeurs fondamentales.

À ériger un ensemble cohérent, respectueux, créateur et dynamique où chaque partie de cet ensemble est complémentaire et mutuellement nécessaire à l’ existence de chacun et de l’ensemble dans sa globalité.

C’est ce que nous croyons être à la base d’un leadership durable, créateur de richesses économiques, sociales et humaines. Le leadership Symbiocratique®®.

Pourtant L’histoire regorge, de nombreux exemples de grands leaders Symbiocrate®®, de gens engagés, passionnés dans des domaines variés, sociaux, politiques, technologiques, la santé, l’environnement, d’hommes et de femmes qui ont osé voir plus loin que le seul résultat comptable.

Des leaders Symbiocrate®®, des créateurs de richesses matérielles et humaines qui, quelles que soient leurs origines ethniques, sociales, quelle que soit leur époque, ont tous en commun des fonctionnements, des comportements fondamentaux, une vision noble des valeurs humaines.

La caractéristique commune la plus fondamentale est certainement la symbiose.

Ces leaders comprennent la relation implicite qu’ils entretiennent avec leur environnement humain et technologique. Ils comprennent la réciprocité qui s’exerce entre leur capacité de direction et les personnes qui leur accordent cette capacité, ce pouvoir.

Alexandre Le Grand avait compris l’intérêt d’inclure ses conquêtes dans son empire, et non de les traiter comme des sous-nations et ainsi laisser pousser les germes d’une révolte impossible à maitriser tant le temps de déplacement était long et coûteux.

Martin Luther King avait compris l’importance de convertir ses ennemis plutôt que de les confronter, car un peuple ne sort jamais gagnant d’une confrontation massive.

Nelson Mandela avait compris que la richesse et la dynamique d’une nation proviennent de l’éducation, de la forme pédagogique employée, de la considération et de la reconnaissance que l’on apporte à chacun, quelles que soient ses origines ethniques ou sociales.

Ces trois hommes, pour ne citer qu’eux, se sont illustrés par leurs visions fortes, à long terme, basées sur la réciprocité des échanges et sur la complémentarité des actes. Ils portaient tous en eux cette volonté inébranlable d’être fidèles à leurs valeurs.

Nous offrons aux entreprises, aux gouvernements et aux individus la possibilité de gagner, de s’enrichir, de se doter d’un leadership Symbiocratique®®.

La symbiose est la relation durable et mutuellement bénéficiaire qu’entretiennent des organismes entre eux.

À l’inverse d’une relation parasitaire, les organismes entretenant ces relations se nourrissent mutuellement au profit d’eux-mêmes et de leur environnement.

Une relation Symbiocratique®® est une addition à plusieurs composants dont le résultat est supérieur au seul nombre de ces composants.

Le leadership Symbiocratique®® permet aux organisations d’amplifier leurs richesses matérielles et humaines puisque grâce à cette mise en application, la somme des richesses des individus est supérieure au seul nombre des individus.

Utopiste, diront les plus cyniques.
Pourtant, la nature fonctionne ainsi depuis la naissance de notre monde. Nous avons oublié certaines évidences.

Aujourd’hui, si la créativité et l’innovation commencent à s’imposer comme un modèle des plus profitables, ce sera toutefois la mise en place de la Symbiocratie® qui maximisera le retour sur investissement de ces pratiques.

 

Le leadership Symbiocratique®® repose sur trois principes fondamentaux :

1          Le monde, l’univers, le digital, le cerveau, la faune et la flore entre-autres, fonctionnent avec 3 éléments en symbiose permanente, les datas, les flux et les interactions.

2          Une interaction mutuellement bénéfique et permanente entre chaque partie dépend de la loi de l’intention ;

3          Le développement perpétuel des bénéfices humains et matériel est en corrélation direct avec les valeurs qui nourrissent Les datas, les flux et les interactions.

Le respect de ces trois principes de base garantit que toute relation sera créatrice de richesses et que le profit de cette relation bénéficiera à un nombre plus important de parties que la seule somme des parties en relation.

Nous croyons qu’en s’engageant sur le modèle de la Symbiocratie®, nos sociétés pourront faire face aux nombreux défis économiques, sociaux, culturels et environnementaux auxquels nous sommes confrontés.

Plus encore, nous sommes intimement convaincus que l’adoption de la Symbiocratie® générera plus de richesses et offrira à ses adoptants une place de premier choix dans les jours à venir.

Notre société est aujourd’hui assez complexe pour offrir un large éventail d’opportunités aux organisations et assez riches et diverses pour que tout le monde puisse subsister sans se détruire.

La recherche de relations durables et mutuellement bénéficiaires entre les êtres et les sociétés n’est pas une utopie de gauche ou un frein au capitalisme. C’est de l’enrichissement pur, exponentiel et respectueux.

C’est un élan naturel et humain. C’est un idéal que la plupart d’entre nous n’osent plus atteindre par mimétisme, par ignorance ou par lâcheté sociale ou économique.

C’est pourtant la règle naturelle primordiale à notre existence et la base même de nos richesses à venir.

 

Didier Reinach

 

Laisser un commentaire